Smart Mobilité

Le point de vue de

Stéphanie Fontugne sur la smart mobilite

Pas un jour sans une annonce concernant la mobilité : constructeurs traditionnels, GAFA, jeunes pousses redoublent de créativité et d'innovation pour simplifier et orienter nos déplacements.

 

Même les opérateurs historiques du transport public qui avaient tendance à oublier qu'ils avaient des clients s'y mettent - SNCF, RATP, CFF, DB. C'est dire !

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  • Que se passe-t-il du côté des constructeurs ?

 

- Les constructeurs "traditionnels", Renault, BMW, VW et Daimler concluent des accords avec des start-ups et autres entreprises technologiques afin de ne pas se scléroser dans leur métier traditionnel et devenir des "assembleurs de tôles et d'acier".

 

- Car2Go de Daimler, Free2Go de Peugeot, Moov'in de Renault en sont des exemples.

 

- Ils savent aussi que la gestion des données sera essentielle tant à l'intérieur des véhicules mais aussi pour acquérir de nouveaux clients et leur offrir des services adaptés à leurs besoins et à leur localisation. Alors, ils rachètent et concluent des accords avec des jeunes entreprises qui maitrisent ces technologies.

 

  • Comme d'habitude, les plateformes technologiques bouleversent le secteur ?

 

- Les entreprises technologiques Google - avec ses filiales Sidewalk Labs, Waymo et Wayze -, Uber et Amazon s'organisent progressivement pour offrir des services simples, complets et accessibles d'un clic sur leur application : scooter, vélo, trottinette, taxi, location de véhicules courte durée, et aussi transports publics font progressivement partie de leurs services afin de simplifier nos déplacements.

Ils ajoutent aussi maintenant des comparatifs de temps de trajets d'un point A à un point B.

 

Uber multiple les rachats et les innovations dans ce sens et se positionne désormais comme le guichet unique pour les offres de mobilités : scooter, trottinette, taxi, vélo, accords avec les régies publiques de transports font désormais partie de son offre testée dans différentes villes. 

 

C'est aussi ainsi qu'Uber se positionne dans sa future IPO et que les premières valorisations sont calculées : 120 Milliards de dollars de valorisation effectivement cela n'est pas rien !

  • Et du coté des startups ?

 

- D'autres jeunes pousses, proposent et testent aussi des offres de services de mobilité intégrant différents modes de transports en un clic et elles proposent aussi différentes modalités pour les consommer notamment par le biais d'abonnements incluant différents types de services.

 

Whim, Kyyti et Citymapper testent ainsi des modèles d'affaires  différents permettant de payer mensuellement des services de mobilité consommés le mois précédent.

Abonnement de base ou premium sont ainsi testés dans différentes villes et donnent accès à des services de mobilité élargie.

 

Vous avez dit abonnements mensuels payables chaque fin de mois pour accéder à différents modes de transports (transport publics, taxi, scooter, vélo, location voiture, parking) ? Oui cela existe.

  • Et chez les investisseurs ?

 

- Les investisseurs ne sont pas en reste, qui financent tout ce qui de près ou de loin, ressemble à un scooter ou une trottinette électrique  pour ne pas rater le coche de la mobilité "propre" en "free-floating".

Après Bird and Lime qui ont levé des centaines de millions de dollars auprès des investisseurs Accel, Séquoia et Uber, c'est au tour de Tier à Berlin ($ 25 Millions) et aussi de Grin au Mexique ($ 45 Millions). En résumé ce qui de près ou de loin ressemble à une trottinette ou un scooter est financé à coup de millions par les investisseurs.

 

Bref, nous le voyons les initiatives vont bon train. Et cela permet bien entendu de faire évoluer les mentalités tout en facilitant l'accès et la complémentarité des différents modes de transports.

 

  • Mais quid de la Suisse et de ses opérateurs de transports ?

 

En Suisse, les entreprises traditionnelles de transports publics, l'organisation fédérale des transports OFT et les cantons ou communes pourtant directement propriétaires des entreprises de transports locales, restent en retrait de ces innovations et paraissent bien embarrassées pour les organiser. 

 

La régulation sur la gestion et traitement des données au coeur de ces enjeux stratégiques, ne semble pas non plus être la priorité dans les agendas du Conseil Fédéral malgré l'ancienneté de la loi actuelle sur la protection des données.

 

👉🏻 Pour en savoir plus, sur ce qui se passe dans le Canton de Vaud sur la mobilité intelligente

Et sur les smart cities en Suisse 👈🏻

Avons nous d'ores et déjà abdiqué au profit des plateformes technologiques ?

Espérons que non !

 

Swisscom l'a compris qui se positionne comme l'expert et le partenaire de différentes municipalités et propose des données sur les déplacements de ses abonnés.

 

Pourtant, les CFF en position de monopole, pourraient se profiler comme un acteur central en termes d'innovation et mettre leurs clients au centre de leurs nouveaux services. 

 

En effet, tout est réuni pour que les CFF qui possèdent une base d'informations gigantesques sur les déplacements et sur leur clientèle, deviennent la plateforme de référence de la mobilité et le guichet unique pour offrir un bouquet de services dans ce domaine. Transport public et privé, mobilité douce pourraient en faire partie.

 

Bon, c'est vrai, que les CFF ont d'autres priorités considérant les travaux nombreux, la qualité de leur information voyageur (souvent fausse et sur l'horaire planifié), la pléthore des trains supprimés et leur ponctualité dégradée.

C'est dommage car les besoins de mobilité sont là, les datas existent, les technologies et services pourraient être testés par une clientèle "captive" et demandeuse de services complémentaires accessibles simplement, et surtout les financements privés et publics existent.

 

Je n'oublie pas les très belles réussites que sont Bestmile, Scan Park, Sharoo et autres GreenMotion ... Et bien sur Faitiq et Teralytics qui offrent de modèles nouveaux pour consommer les transports publics en Suisse.

Je n'oublie pas non plus les initiatives des entreprises de transport cantonales tels que les TL et les TPG notamment qui, au travers de plateformes telles que la Ruche, Movi+ tentent d'identifier les besoins de leurs clients. Continuons !

 

Heureusement que ces entreprises existent et surtout encourageons les et facilitons leur développement. 

 

La solution aux problèmes de mobilité passe qu'on le veuille ou non par les transports collectifs, qui doivent rester la colonne vertébrale des offres de services de mobilité complétés par d'autres services de mobilité - telles que taxis, trottinettes, scooters, auto-portage, taxis- car même sans chauffeur, munie de capteurs et toute électrique, la voiture individuelle et sans conducteur continuera à créer des bouchons.

 

Alors qu'attend on en Suisse pour devenir une smart country ? Toutes les conditions sont réunies pour faire de notre pays, une référence en matière de mobilité et de relations clientèle.

Technologie, savoir faire sont présents, seul semble manquer le leadership ambitieux nécessaire pour mener avec succès ce type de démarche.

Alors, qui pour mener ce projet magnifique et pourquoi pas le Canton de Vaud ?

 

Novembre 2018, Stéphanie Fontugne

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