Smart Cities et

Smart financements

Le point de vue de

Stéphanie Fontugne sur le financement des smart cities

Part 2

Le sujet du financement et des modèles d’affaires des smart cities est encore peu traité et pourtant il est incontournable si l’on veut passer du stade d’expérimentation dans des micros-quartiers à des projets de plus grande échelle. 

La rentabilité économique et financière est évidemment un élément important pour l’avenir des projets de smart city car les projets d’investissements doivent être financés; Et, les budgets des villes, agglomérations ou cantons ne sont pas extensibles. Des financements "extérieurs" doivent donc être trouvés.

 

Mais, la seule rentabilité économique permet-elle d’appréhender le bénéfice des smart cities ? La réponse est non !

 

Les smart cities bouleversent les schémas classiques de calcul de rentabilité, et elles posent aussi la question des modèles d’affaires à appliquer à ces villes qui souhaitent devenir intelligentes.

Villes Freemium, Ville Peer to Peer ?

 

C'est de cela, dont nous allons parler et aussi nous évoquerons de quelle façon, les villes doivent faire évoluer leurs approches en termes d’investissements, de suivi et  de financement pour enfin devenir « intelligentes ».

 

Pour faire simple : pour passer du slogan marketing à la mise en place de villes intelligentes, il convient désormais de déployer des financements innovants et d'utiliser des critères de rentabilité modernes. 

 

Dans la première partie de cet article, ont été évoqués les investissements à effectuer et le calcul de rentabilité.

Vous pouvez les retrouver en un clic 👉🏻 et c'est ici.

Dans cette partie, nous étudierons les éléments à intégrer dans les tableaux de bord de suivi de la rentabilité.

  • Les smart tableaux de bords et reportings 

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Dans l’exemple du projet d’éclairage LED de Rilleux la Pape, l’impact positif sur la criminalité et la baisse des accidents fait partie des bénéfices sociaux. L'indicateur criminalité et accidents doit donc dans cet exemple, être ajouté aux indicateurs financiers.

 

La difficulté pour établir ce calcul de rentabilité globale est d'abord liée à la période à prendre en considération car l'on voit bien que les bénéfices se font sentir sur du moyen terme.

 

La difficulté réside aussi dans le  fait qu’il convient de mettre en place des méthodes d’évaluation agiles et réactives reposant sur des indicateurs de performances et des tableaux de bord incluant des données quantitatives et qualitatives qui sont différentes d'un projet à un autre.

Les données collectées à partir des capteurs et autres IOT devraient faciliter le suivi mais il est vrai aussi que certains impacts positifs sont parfois « éloignés » de la nature de l’investissement de base et complexifie donc la compréhension des impacts. 

 

La difficulté réside finalement aussi dans le fait, qu’en général ce sont des services distincts et souvent organisés en « silo » qui ont en charge de ces différents aspects. Et ils communiquent peu ou pas ensemble.

 

Dans notre exemple concernant l’éclairage, l’on voit bien que des dimensions relatives à la sécurité, aux incivilités sont concernées en plus de la pollution de l’air ; or dans l’organisation actuelle des villes, collectivités ou cantons, ces dimensions sont gérées par des services différents qui communiquent peu et sont en général soucieux de ne pas partager leurs prérogatives.

 

Nous voyons donc, que les smart cities nécessitent aussi un changement dans l’organisation et le fonctionnement des villes ou collectivités pour tendre vers un pilotage transverse.

 

 

  • Les différents leviers de la valeur collective

 

Au-delà de la difficulté liée à l’organisation et au suivi des indicateurs, voici en quelques lignes, les leviers qui peuvent intégrés dans un calcul de valeur collective créée :

 

- Economie liée à la mutualisation des systèmes et des équipements d’infrastructures télécoms pour éviter de faire le même investissement dans différents domaines urbains. Autrement dit, la mutualisation se matérialise par une plateforme « multi-sectorielle » opérable et accessible pour traiter les informations de toutes les dimensions de la ville (mobilité, eau, énergie).

 

- Valorisation des effacements ou des non-consommations (eaux, électricité avec des impact sur les gaz à effet de serre).

 

- Economie directe sur les coûts de maintenance des équipements et infrastructures par exemple, grâce aux capteurs qui permettent d’effectuer de la prévention, d’optimiser les interventions des agents.

 

- Les baisses de consommation et d’émissions liées à l’économie circulaire (par exemple sur l’eau, l’éclairage et donc les émissions de CO2).

 

- Impact des mécanismes incitatifs sur les tarifs qui modifie la consommation des citoyens et qui tend à la réduction de la consommation.

 

- Conséquences liées à la vente de nouveaux services ou produits pour mieux consommer la mobilité, l’énergie et l’eau par exemple ; sur ce point différents modèles sont possibles et ils sont fonction de la gouvernance et de la régulation mise en place par la ville ou par la collectivité. Autrement dit, ces produits peuvent générer des revenus pour la collectivité ou pour d’autres acteurs. Un mix peut aussi être mis en place en fonction du modèle d’affaires imaginé.

 

On le voit sur la base de ce dernier élément, la rentabilité des smart-cities repose aussi sur la le modèle d’affaire choisi par les collectivités, les villes ou les métropoles.

 

Et qui dit modèle d’affaires, dit simulation et calcul pour déterminer le modèle le plus adapté, non seulement pour financer l’investissement prévu mais aussi pour atteindre l’objectif attendu. 

 

ll n’y a donc pas un modèle mais des modèles d’affaires en fonction des projets de smart city : ville Feemium pour certains aspects incluant une base de services publics gratuits et accessibles à tous financés par les revenus collectés sur des offres payantes de services (exemple pour l’eau notamment), ville Peer to Peer, basée sur l’échange et la participation entre habitants (auto-portage, vélopartage, micro-grid) pour d’autres aspects.

 

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En conclusion, nous voyons donc que pour devenir "intelligentes" les villes doivent faire évoluer la nature de leurs investissements, leur mode de gouvernance et enfin, leur outils de pilotage pour connaitre la valeur collective apportées par leur projet.

 

Bref, la révolution numérique et l'émergence des données bouleversent la gouvernance globale des villes.

 

Nous évoquerons les différents modèles de d’affaires des Smart Cities, dans un prochain article dans lequel nous parlerons aussi des différents modes de financement applicables aux smart cities. Nous verrons que dans ce domaine aussi, les villes intelligentes vont contribuer à faire évoluer les financements traditionnels des villes et collectivités vers des partenariats incluant des acteurs privés et publics.

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Mars 2019, Stéphanie Fontugne.

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