Kiwi.com : « Nous sommes capables d’interconnecter tous les transports »

04.07.2019

TOM s’est entretenu avec Gilles Karlé, Chief Strategy Officer de Kiwi.com, pour connaître ses ambitions dans le domaine de la mobilité intermodale. Après 7 années d’existence, l’opérateur mise sur son savoir-faire métier, mais surtout sur sa technique pour s’imposer sur le porte-à-porte.

 

 

 

Cumulant plus de mille inventaires différents, son outil est capable d’agréger et d’interconnecter l’offre de tous les types de transporteurs. À terme, dans l’optique d’offrir toujours plus de connexions aux voyageurs, la société tchèque n’écarte pas la possibilité d’opérer sa propre offre de transports « unique ou manquante » au marché.  

 

Quelle est la stratégie de développement de Kiwi.com ? 

 

Gilles Karlé : Kiwi.com est un opérateur virtuel qui permet l’interconnexion entre n’importe quel mode de transports, une pratique que nous baptisons « Virtual interlining ». Celle-ci s’applique autant dans l’aérien que dans le transport terrestre.

 

Nous sommes ainsi capables de connecter un trajet Busbud ou Flixbus avec un train SNCF ou Deutsche Bahn, mais également avec un vol Air France.

 

Bien que notre inventaire terrestre soit encore limité, nous approchons différents acteurs du secteur pour accroître nos offres. L’objectif est de permettre à un voyageur de planifier un itinéraire d’aéroport à aéroport tout comme un trajet domicile-travail.

 

Autrement dit, qu’il s’agisse d’un voyage à l’autre bout du monde ou d’un trajet quotidien. Nous travaillons ainsi sur l’intégration des offres de micromobilité comme les VTC, taxis et véhicules en libre-service. Sur ce segment, Lyft ou Uber exploitent le machine learning pour anticiper au mieux la demande et offrir une expérience optimale. Grâce à notre technologie, un utilisateur sera par exemple en mesure de planifier son trajet en Uber trois jours à l’avance pour rejoindre son aéroport et prendre son vol. Le tout en effectuant ses réservations depuis Kiwi.com.

 

L’intégration de l’offre VTC à notre plateforme est prévue au dernier trimestre 2019.

 

 

Comment convaincre les transporteurs de partager leurs inventaires sur votre plateforme ? 

 

Il existe à la fois un enjeu technologique et un enjeu de distribution. Notre proposition de valeur est moins importante dans les marchés domestiques. La valeur ajoutée réside essentiellement dans l’aspect global de notre plateforme.

 

En partageant leur inventaire, nos partenaires accèdent à une audience internationale. De plus, notre plateforme est complètement agnostique vis-à-vis du type de contenu et de la structure de l’inventaire. Autrement dit, quel que soit le type et le format de donnée, notre technologie a la capacité de l’ingérer et de l’agréger.

Ainsi, nos partenaires ont la garantie que leur offre sur notre plateforme soit facilement réservable par le voyageur. Cela nous a permis de réunir aujourd’hui plus de 1000 sources de contenus différents.

 

À mon sens, la qualité de l’expérience client (UX) et de l’expérience utilisateur (CX) constituent désormais les plus gros challenges à relever chez Kiwi.com. Un voyageur ne réserve pas ses vacances annuelles comme il réserve un VTC domicile-travail.

 

La notion de personnalisation est étroitement liée au contexte d’utilisation, pourquoi ne pas personnaliser l’interface en fonction de celui-ci ? Contrairement à l’intégration des inventaires, ce type de développement constitue un véritable challenge pour nous.

 

 

La technologie est donc votre avantage concurrentiel ?

 

En tant qu’entreprise technologique, nous réunissons plus de 400 ingénieurs et dédions l’intégralité de nos investissements au développement technique et produit. La robustesse technique nous a permis de résoudre des problématiques structurelles.

 

Chaque compagnie aérienne dispose de ses propres règles en matière de bagages, de connexion, de check-in, etc. Nous sommes aujourd’hui capables d’intégrer du contenu issu de sources et de secteurs différents, soumis à des règles, des contraintes et des tarifs différents. L’entrainement et l’affinage de nos algorithmes durant 7 ans constituent un vrai avantage que nous avons pu constater en connectant d’autres transports que l’aérien.

 

Amadeus mis à part, aujourd’hui, rares sont les acteurs de l’industrie capables de transformer de la donnée complètement déstructurée en inventaire standardisé. Bien qu’ils se concentrent uniquement sur l’aérien, la technologie et la plateforme de Skyscanner et Ctrip sont assez poussées.

 

Un concurrent plus direct comme OMIO dispose d’outils intéressants également. Mais nous nous distinguons notamment par le développement d’une offre de services de protection des voyageurs. Sur ce sujet, notre plateforme utilise l’IA pour anticiper les connexions ratées par exemple et réserver une autre connexion automatiquement. Des équipes humaines se chargent de prendre la main pour assurer le service si besoin. Nous sommes les seuls à proposer un tel service, ce qui nous a permis d’affiner notre connaissance métier et notre savoir-faire technique durant 7 ans.

 

 

Vous êtes récemment entré au capital de Zuri, avez-vous l’ambition de devenir transporteur un jour ?

 

Nous y réfléchissons sur le long terme, car cela peut être un tournant naturel à un certain moment. Mais nous en sommes très loin. Il s’agissait avant tout d’un investissement stratégique, dans notre optique de développer une solution de transports de porte-à-porte.

 

Demain, l’aéronef permettra de réaliser des connexions impossibles aujourd’hui. On se prépare ainsi à prendre un certain risque au niveau des inventaires pour fournir des produits manquants ou uniques sur le marché des transports.

 

Il s’agit d’un projet au stade embryonnaire qui s’inscrit toutefois dans la continuité de notre ambition : créer une plateforme virtuelle qui interconnecte tout type de transports à l’échelle mondiale.

 

TOM

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