Les trottinettes électriques tracent leur route en Suisse alémanique

03.01.2019

Dans plusieurs villes européennes, la propagation des trottinettes électriques affole les autorités. A Zurich, elles s’installent tranquillement dans le paysage.

 

Silencieuse et légère, elle séduit les citadins pressés d’avaler des courts trajets entre deux points de rendez-vous, sans effort. Après avoir envahi les rues des villes américaines par milliers, les trottinettes électriques s’installent dans le paysage urbain alémanique.

 

Deux start-up américaines de location en libre-service se partagent le terrain outre-Sarine. L’entreprise californienne Lime, déjà présente avec ses vélos jaune et vert, a été la première à se lancer l’été dernier et compte désormais 350 trottinettes électriques à Zurich et 200 à Bâle.

 

Elle a été rejointe par Bird et sa flotte de 200 véhicules. Lime négocie actuellement son entrée dans d’autres villes, dont elle tait les noms pour le moment.

 

Les systèmes de location fonctionnent selon le principe du free floating, soit sans bornes fixes. L’utilisateur s’enregistre sur une application, il géolocalise sa trottinette et la déverrouille avec son smartphone pour 1 franc. Le tarif se monte ensuite à 30 centimes la minute. Une fois le trajet effectué, il dépose l’engin à destination, à sa convenance.

 

Le marché compte aussi un acteur local: les CFF mènent actuellement un projet pilote à Bâle, en partenariat avec l’entreprise Ibion, une société sœur de Swisscom. Cette plateforme nommée ScooBox loue 53 trottinettes électriques. Contrairement à ses concurrentes américaines, celle-ci fonctionne avec des bornes fixes auxquelles l’usager récupère et rapporte sa trottinette. Tarif: 3 francs pour trente minutes, ou 15 francs la journée.

 
Aller vite sans transpirer

 

Les loueurs ciblent les jeunes professionnels mobiles. Ses adeptes s’en servent sur des trajets courts, pour se déplacer d’une réunion à l’autre sans transpirer, combler la distance entre une station de tram et le bureau, ou encore éviter la foule des transports publics aux heures de pointe.

 

Pour avancer, il suffit d’appuyer sur l’accélérateur. La suite peut s’avérer plus délicate. En général, les mêmes règles que pour les vélos s’appliquent: interdites de trottoir, les e-trottinettes doivent rouler sur les pistes cyclables. Le port du casque n’est pas obligatoire, mais réclamé par les loueurs. L’engin roule jusqu’à 20 kilomètres par heure et ses petites roues le rendent sensible aux obstacles sur la route. Mais, surtout, l’e-trottinette ne bénéficie pas du même capital sympathie que le vélo et s’attire souvent les foudres des autres usagers sur des routes déjà très fréquentées.

 

Dans plusieurs villes aux Etats-Unis et en Europe, l’arrivée de ces nouveaux engins zigzaguant entre les piétons ou délaissés en travers des trottoirs affole les autorités, qui sévissent à coups de règlements et d’interdictions.

 

Après avoir limité leur utilisation à l’intérieur des zones 30, Madrid, par exemple, a finalement refusé d’accorder une autorisation à plusieurs sociétés, dont Lime.

 

Barcelone, envahie par les touristes à pied, a elle aussi interdit les loueurs d’e-trottinettes. San Francisco avait dû limiter le nombre de prestataires à la suite d'un lancement chaotique.

 

Un complément à la mobilité urbaine
 

A Zurich en revanche, la cohabitation entre trottinettes, vélos, piétons et voitures semble se dérouler sans heurts, pour l’instant. Sans doute aussi parce que, dans leur conquête du marché helvétique, les sociétés de partage de trottinettes ont adopté une approche moins agressive qu’aux Etats-Unis.

 

Pour s’imposer dans les villes américaines, elles avaient déversé des centaines de véhicules à toute vitesse sans réclamer d’autorisation. Ici, elles négocient leur entrée et déploient leur flotte progressivement. «Nous souhaitons développer un modèle d’affaires durable et largement accepté», souligne Estuardo Escobar, directeur général de Lime.

 

Zurich considère le partage d’e-trottinette comme un «complément» à la mobilité urbaine et adopte une approche libérale à l’égard de ces nouveaux acteurs, qui n’ont pas besoin d’autorisation. Le Département zurichois des transports n’est pas en mesure de donner de statistiques sur le nombre d’accidents impliquant des trottinettes électriques, mais il l’estime «très faible».

«Il n’y a aucune raison d’interdire a priori.

Nous surveillons la situation et nous nous réservons le droit de faire les ajustements nécessaires. Mais, jusqu’à présent, le nombre de nouveaux véhicules reste faible», indique Mike Sgier, du département Génie civil de Zurich.

 

La municipalité veille toutefois à l’ordre et exige que les engins à roulettes ne traînent pas la nuit dans l’espace public. Aussi, chaque soir, les sociétés de location collectent et stockent leurs trottinettes dans des entrepôts où elles sont rechargées, avant d’être de nouveau réparties le matin au centre-ville.

 

Le Temps

 

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