• Stéphanie

LE CORONA GUIDE DE SURVIE A L'USAGE DES PME : quelles mesures immédiates pour sécuriser votre cash ?

Mis à jour : mars 19


La crise sanitaire liée au COVID 19 se transforme en crise économique avec des pans entiers de l’économie qui sont fragilisés et risquent l’effondrement : tourisme, transports, énergie, hôtellerie en font d’ores et déjà partie.


D’autres secteurs sensibles notamment ceux dépendants de l’Asie, que ce soit pour vendre ou pour produire, sont aussi aujourd’hui considérablement affaiblis.


Avec les mesures de confinement et les restrictions de déplacements prises à juste titre pour protéger les individus, ce sont toutes les entreprises qui sont désormais impactées.


La situation est extra-ordinaire et nécessite donc des mesures exceptionnelles d’accompagnement pour sécuriser la trésorerie des entreprises : décalage du paiement des taxes -TVA et autres- et cotisations sociales sans pénalités, accès à des prêts relais ou découverts de trésorerie sans conditions de rentabilité doivent être favorisés.


Voici les actions immédiates et pratiques, que nous vous recommandons de prendre pour assurer la poursuite de votre activité et préparer la reprise.


SECURISER VOTRE CASH


1. LIMITEZ AU MINIMUM VOS DECAISSEMENTS ET MAXIMISEZ VOS ENCAISSEMENTS


Pour cela, engagez les actions suivantes :


- Établissez la situation de votre trésorerie à court et moyen terme et actualise-la, chaque jour.

Déterminez les lignes disponibles de crédits, découverts ou les emprunts que vous avez à disposition.


- Facturez tous vos travaux et les livraisons effectuées et minimisez les délais de règlement pour recouvrer le cash au plus vite.


- Collecter les factures clients ou débiteurs dues et assurez-vous que celles qui arriveront à échéance seront payées dans les délais impartis.

Autrement dit, appelez vos clients pour savoir dans quelle situation ils se trouvent et encaissez les sommes qui vous sont dues.


- Faites les bons arbitrages : dans le cas, où vos clients ont une trésorerie fragile, gardez en tête que des montants encaissés même avec escompte valent mieux que pas d’encaissement du tout.


- Pensez à l’affacturage qui vous permet de disposer immédiatement du cash sur les factures qui seront dues dans 30, 60 ou 90 jours. Il existe de nombreuses d'affacturage, et elles se rémunéreront en prenant une commission ou des frais de gestion pour ce service.


- Analysez vos commandes fournisseurs en cours : récupérer dans la mesure du possible, les acomptes versés sur les commandes fournisseurs et en fonction de la situation et la nature de vos commandes en cours.


Cet aspect doit être étudié au cas par cas, car il peut entrainer des réactions en chaîne qui peuvent aussi être défavorables à votre entreprise si votre fournisseur est fragile et a besoin du cash pour redémarrer sa ligne de production par exemple.


Voir aussi sur les fournisseurs, nos recommandations sur la supply chain.


- Analysez vos commandes clients en cours : appelez vos clients pour les rassurer sur votre planning de livraison et éviter les annulations.

Pour ceux qui vous aurez versé un acompte et dans le cas où vos livraisons seraient retardées, appelez les pour les informer et si nécessaire, proposez leur des produits de substitution.


Pour ceux qui n’auraient pas versé d’acompte : tentez de les convaincre de le faire (notamment ceux de vos clients qui ont les reins solides).


- Re-échelonnez vos paiements qui peuvent l’être notamment avec les assurances sociales, les taxes - TVA- et les fournisseurs les plus solides (pour éviter les réactions défavorables en cascade ou boule de neige).


En effet, prenez garde dans la mesure du possible à ne pas fragiliser vos fournisseurs déjà en difficulté et dont vous avez besoin pour la reprise ou le développement de votre activité.


Photo Jason Leung



2. CONCLUEZ UN DECOUVERT BANCAIRE OU UNE LIGNE DE CREDIT


Pour limiter les enjeux liés aux conséquences de l’épidémie sur la trésorerie des entreprises, la mobilisation de ligne de découvert et d’emprunts court terme peut être indispensable.


- Si vous avez déjà un accord dans ce sens avec votre banque, alors n'hésitez pas à l'activer. Informez la banque au préalable.

- Si vous avez un engagement de votre banque et qu'il arrive à son terme, demandez son extension.

- Si vous n'avez pas d'accord avec votre/vos banques, alors nous vous recommandons de la contacter pour en discuter sans tarder. 


Bien entendu, nous sommes conscients que contracter des lignes de découvert ou des prêts n'est jamais simple car les banques souhaitent s'assurer de votre capacité de remboursement et de la rentabilité de votre entreprise. Elles demandent aussi en général des garanties ou des cautionnements.

Bref, cela prend du temps normalement.


Pour cette raison, il est impératif que les banques et autres organismes de financement soient (fortement) encouragées pour faciliter l'accès aux prêts et aux autres sources de financement aux PME en difficulté.


C'est dans cette optique, que la confédération a annoncé certaines mesures pour les PME, pour un montant de 580 millions. Les cautionnements sont aussi facilités.

Mais, les mesures prises semblent insuffisantes compte tenu de la gravité de la situation  et du risque de faillites en cascade. 

La confédération prévoit d’annoncer un autre volet de mesure vendredi 20 mars.


Voici les mesures prises par la confédération.


Se reporter aussi aux informations par canton, sur Genève par exemple, la FAE peut être contactée.

                                 

Photo Sharon Mccutcheon


3.  RECOUREZ AU CHOMAGE PARTIEL


- C'est quoi le chômage partiel ?

Le chômage partiel ou Réduction de l'Horaire de Travail (RHT) est une solution facilement actionnable pour faire face à une détérioration passagère de l'activité, dès lors que 2 conditions sont satisfaites : baisse temporaire de l’activité et acceptation des collaborateurs concernés. C'est exactement ce qui se passe dans le cas de cette épidémie.


Le recours au chômage partiel vous permet d’éviter les licenciements et de limiter le poids de vos charges car une partie de vos charges sont prises en charge par l’assurance chômage. 


Pour y avoir droit, vous devez en faire la demande auprès de l'office cantonal de travail en remplissant quelques formulaires.


- Et le montant des indemnités et la durée ?

L’indemnité s’élève à 80% de la perte de gain liée à la baisse du temps de travail avec un maximum de CHF 12'350 / mois


Pour les entreprises affichant une perte de travail de plus de 85%, la RHT peut être perçue pendant 4 mois au maximum.


Pour des pertes de travail inférieures, la durée maximale est de 12 mois dans un délai de 2 ans.


- Et quid des montants à la charge de l'entreprise ?

Les délais d’annonce et d’attente ont été réduits par la Confédération voire supprimés selon les mesures prises par certains Cantons.


Le délai d'attente est de 1 jour par période de décompte (normalement au mois) : cela veut dire que seul 1 jour est supporté par l'employeur, le reste étant à la charge de l'assurance chômage.


- Et concrètement ?

Vous devrez avancer le montant de l'indemnité avec le versement de la paye comme vous le faites normalement. Vous retiendrez les charges sociales comme vous le faites aussi en temps ordinaire.


Vous enverrez chaque mois le décompte à la caisse chômage qui vous remboursera l'indemnité dans un délai de 1 mois.


- Mais, il il y a un MAIS.

Tout le monde n'a pas droit au chômage partiel, notamment les indépendants et leurs conjoints, les employés avec un CDD, les associés ou plus globalement, les personnes ayant une influence considérable sur les prises de décisions.


- Et vous voulez en savoir plus encore ?

Voici un tutorial très didactique de la FER à ce sujet.

Et celui plus ordinaire, de la FPV sur le Canton de Vaud.

Et aussi, voici les mesures prises par le Canton de Vaud pour simplifier les démarches.


Notez que la confédération doit aussi communiquer dans les jours qui viennent sur ce sujet, car elle a décidé de débloquer CHF 8 Milliards pour financer le chômage partiel dans ses mesures pour limiter l’impact du Coronavirus sur les entreprises.



4. COMPENSEZ LES HEURES SUPPLEMENTAIRES 


C’est aussi une façon de limiter vos décaissements futurs si vous devez des heures supplémentaires à vos collaborateurs ou si vous leur devez des jours de vacances capitalisés depuis plusieurs années.


L’objectif est ici de demander à vos collaborateurs "d’utiliser" leurs heures supplémentaires pour compenser la baisse ou l'arrêt momentanée d'activité.



Boostpartners est plus que jamais à vos côtés pour vous accompagner à sécuriser votre cash. Alors n'hésitez pas à nous appeler.


Et si vous êtes intéressé par les mesures à prendre sur la SUPPLY CHAIN, alors c'est ici!